Le Cannabidiol (CBD) – Une ressource pour l’avenir ?

27 Mai 2022 | CBD

 

Le cannabidiol, une ressource pour l’avenir ? Le CBD ou cannabidiol possède un large spectre d’action à la vue des données pré- cliniques disponibles et les interactions avec les autres cannabinoïdes et terpènoïdes sont nombreuses, à l’origine d’un effet synergique, appelé l’effet d’entourage. Il entre notamment dans la composition de l’Epidiolex.

Ce dernier médicament avec une solution orale de Cannabidiol titrée à 100 mg/ml (10%) est depuis peu disponible en France sur prescription via une autorisation temporaire d’utilisation (Voir Epidiolex dans la liste des ATU de l’ANSM). Il est utilisé pour améliorer le tonus musculaire (la motricité) et diminuer le nombre et l’intensité des crises d’épilepsie dans les syndromes pharmaco-résistants (Dravet, Lennox-Gastaut). Après trois essais cliniques réussis sur des patients, le laboratoire GW PHARMACEUTICALS (qui commercialise aussi le Sativex en Europe) se dit prêt à demander une autorisation de mise sur le marché européen.

Outre le potentiel médical du CBD, la principale caractéristique de ce produit est sa grande sécurité d’emploi concernant son titrage et son administration, qu’il soit ingéré ou vaporisé. Son dosage thérapeutique peut être ajusté chez l’adulte de 50mg à 1g par jour, soit du simple au 20, alors que les médicaments conventionnels, en général ont une fenêtre posologique beaucoup plus faible, avec un risque bien supérieur en cas de surdosage. Quelques études cliniques témoignent de la sécurité d’emploi du CBD à haute dose : jusqu’à 1g/jour il ne ressort aucun effet secondaire grave, en l’occurrence un effet sédatif, une forte décontraction musculaire et de possibles troubles de la vigilance. Au vu de sa sécurité d’emploi, il peut entrer aussi bien dans la composition des produits de bien être (alimentaire, cosmétique) comme dans celle des produits de santé, à des concentrations a priori plus élevées et avec un suivi médical approprié.

Actuellement, le CBD apparaît selon le Ministère de la Santé comme légal. Pourtant, aucune législation ne s’est clairement établie sur le sujet, et la molécule se situe donc juridiquement quelque part entre l’interdiction de la production ou usage de stupéfiants et le principe de reconnaissance mutuelle dérivé du droit européen, eu égard au potentiel non psychoactif de la molécule. Pour ce qui concerne son caractère général, nous souhaitons réellement qu’une frontière soit établie entre l’usage en consommation courante et celui à vocation thérapeutique (de la même manière qu’il y a une différence entre la consommation de Vitamine C à travers une orange que de l’achat de gélules spécifiques sous forme de complément alimentaire). Notre seconde recommandation : Considérant que l’usage bien-être ne peut être reconnu légalement, compte tenu des difficultés de définition juridique que cet usage suppose, nous pensons néanmoins que l’usage du CBD doit pouvoir être élargi et plus largement autorisé, sans entrer dans une logique strictement phytotérapeutique.

Notre troisième recommandation : En suivant l’avis du RESPAD, nous considérons que le CBD, s’il n’est pas présenté comme un médicament et s’il n’est pas associé au THC est par défaut un “produit de consommation courante”. Son profil toxicologique à court et à moyen termes est acceptable. Selon l’OMS le CBD ne parait pas avoir de potentiel d’abus. De même que des allégations thérapeutiques ne doivent pas être associées au CBD commercialisé comme produit de consommation courante Le CBD commercialisé comme produit de consommation courante ne doit pas être associé à des allégations thérapeutiques.
Le CBD commercialisé comme produit de consommation courante, ne doit pas constituer une incitation à consommer des produits illicites (notamment cannabis, THC). Le CBD commercialisé doit, de façon traçable, être issu d’une des variétés de chanvre industriel autorisée en Europe (variétés contenant moins de 0.3% de THC).

*Auteur du Paragraphe « Le cannabidiol, une ressource pour l’avenir ? » : Olivier BETRAND (Directeur des affaires médicales – NORML France) et Bechir BOUDERBALA (Directeur des affaires juridiques – NORML France) du 22 Mars 2018.

CBD est l’abréviation de « cannabidiol ». Le CBD et le THC sont les deux principaux cannabinoïdes présents dans le chanvre et le cannabis. Mais si le THC est le plus “réputé” des deux (pour ses effets récréatifs), le CBD reste largement méconnu. Voici donc quelques petites choses à savoir sur le cannabidiol.